Mohamed Hmoudane est écrivain, traducteur et peintre. Né en 1968 à Maâzize, il grandit à Kénitra puis à Salé, dans des paysages urbains et littoraux qui marqueront durablement son imaginaire. Il quitte le Maroc en 1989 pour la France, amorçant un itinéraire artistique et intellectuel qui se déploiera entre les deux rives.
Son travail explore les zones d’ombre et de lumière où se rencontrent la mémoire, l’exil, la langue et les corps. Il développe une œuvre habitée par les périphéries urbaines, les trajectoires migratoires, les fractures sociales, les marges et les voix reléguées. Auteur de romans, de poésie et de textes hybrides, il s’intéresse aux formes qui échappent aux cadres établis : récits fragmentaires, mémoires disloquées, écritures de l’expérience intérieure.
Son style — une langue dense, précise, souvent tendue vers l’ellipse — mêle humour noir, ironie tranchante et regard lucide sur les êtres qu’il croise et les espaces qu’il traverse. Sa pratique de la traduction, de l’arabe au français et du français à l’arabe, inscrit son travail dans un dialogue constant entre les langues, leurs rythmes et leurs imaginaires.
Parallèlement, il peint. Ses toiles, souvent abstraites, ouvrent une autre manière d’interroger le mouvement, la trace, la disparition et la survivance.
Son travail a été présenté dans des revues, des festivals, des galeries et des institutions en Europe et au Maroc.
Il poursuit aujourd’hui une œuvre multiple, attentive au réel, ancrée dans l’humain, et tendue vers cette interrogation continue : comment dire le monde autrement, à partir de ses lignes de faille.